La question de la réforme du Conseil de sécurité doit-elle revenir sur le tapis? Voici un nouvel événement de la politique internationale qui mérite un instant de réflexion. Alors que 130 États membres supportent la motion de 14 des 15 États du Conseil de sécurité condamnant les colonisations juives sur les territoires palestiniens, les États-Unis ont imposé leur veto, bloquant la résolution.
Qu'en pensez-vous? Serait-ce un cas où il serait judicieux de dépoussiérer la résolution Acheson et que l'Assemblée générale se saisisse du dossier?
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/02/18/010-veto-etats-unis-colonies.shtml
2 réflexions:
RépondreSupprimer- Tout d´abord, la question même de la résolution sur la condamnation d´Israël. Dans le contexte actuelle est-elle vraiment opportune? D´un point de vue symbolique, elle aurait son importance, mais après? Là où ça deviendrait dangereux, ce serait de mettre en place des mécanismes d´intervention afin de faire respecter cette résolution. Si vous voulez faire exploser cette poudrière tout en décridibilisant une bonne fois l´ONU, c´est ce qui faut faire. Israël n´acceptera pas une ingérence étrangère et pourrait se radicaliser encore plus fort avec ce que ça comporte de tensions supplémentaires.
-Ensuite, la question de la réforme du Conseil de sécurité est une question qui revient fréquemment au vu des impasses que nous constatons. Mais comment y arriver? Là est tout le problème. N´oublions pas qu´il s´agit d´un héritage de la second guerre mondiale, en atteste les membres permanents disposant d´un droit de veto. Hors, on constate aujourd´hui que certaines puissances n´ont plus l´importance qu´elles avaient autrefois (France, Royaume-Uni et dans une moindre mesure Russie) et une nouvelle distribution de la puissance et de l´influence au niveau mondial (les puissances émergentes). Nous avons donc d´une part des puissances peu encline à abandonner l´un de leur dernier grand levier de pouvoir et de droit de regard dans les affaires du monde, et d´autre part d´autres qui aspirent à jouer un rôle plus en vue.
N´oublions pas non plus les États-Unis qui, et ils l´ont prouvé par ce veto sur une résolution contre Israël, utilise aussi le Conseil de sécurité afin de défendre leurs intérêts politiques et stratégiques. En tant que première puissance mondiale jusqu´à présent, toute tentative de réformer une institution, dans laquelle ils jouent un rôle majeur au risque de leur faire perdre cette prépondérance, est vouée à l´échec.
Alors comment concilier cela? Au profit d´une solution plus démocratique comme le montre la résolution Acheson? Je suis sceptique quand à l´efficacité d´une telle pratique. N´oublions pas qu´en l´état actuel, la majorité des États de ce monde ne sont pas de véritables démocraties. Donner leur un pouvoir décisionnel et vous pouvez voir des difficultés plus grandes encore à mettre en oeuvre les objectifs et les moyens de l´ONU.
Opter pour un élargissement du nombre de membres permanents avec veto donnant une meilleure représentation des puissances démographique (Inde), régionale (Afrique du Sud, Brésil) ou encore économique (Allemagne, Japon)? Multiplier rendrait une initiative plus légitime, mais aussi beaucoup plus difficile à obtenir par ces vetos plus nombreux.
Ne pas mettre de droit de veto? Piste à mon sens la plus envisageable, mais qui elle aussi peut s´avérer très difficile à mettre en oeuvre. Imaginez seulement les États-Unis se ramasser une résolution à la majorité voulue par les autres membres du Conseil de sécurité et dont l´objet pourrait les concerner directement (par exemple, au hasard, une guerre illégale à en Irak). Avec bien sûr tout ce que ça implique comme mesure à prendre pour contraindre les américains à cesser leurs actions, pouvant ultimement déboucher sur une intervention militaire onusienne. Vous voyez déjà le tableau.
En conclusion, une réforme du Conseil de sécurité n´est pas encore pour tout de suite. Dans le cas du conflit israélo-palestinien, je trouve que en l´état, ce n´est pas plus mal de voir un blocage onusien sur la question. Faire une résolution qui ne ferait que condamner Israël sans contraintes assorties ne servirait à rien et ridiculiserait l´ONU auprès de l´opinion publique par sa passivité. Oser appliquer des contraintes pourrait envenimer la situation pouvant pulvériser tout espoir de paix (si il y en a encore) par une radicalisation et une tension accrue dans la région.
Le problème de la Lybie vient remettre en question le rôle exact de l'ONU ou d'une possible réforme, notamment quand il s'agit de la mise en oeuvre des résolutions votées par le conseil de sécurité.
RépondreSupprimerLe problème de clarté des mandats est remis en cause.
En effet, en Lybie, le mandat de la mission est chapeauté par qui? La France, Les USA ou l'ONU? N'est ce pas une zone d'exclusion aérienne qu'il fallait surveiller et non bombarder les sites militaires de la Lybie ou encore plus, chercher à enlever Kadhafi du pouvoir? C'est quoi la véritable raison de la résolution finalement.
L'exactitude dans les missions menées au nom de l'ONU( du conseil de sécurité)pour servir les intérêts des pays doit faire réfléchir sur la nécéssité de l'ONU dans les missions futures. Il ne suffit pas qu'un pays qui a des capacités militaires de faire valoir sa position au conseil de sécirité pour que ses buts soient exshaucés par une intrvention militaire masquée.
Finalement, la France est comme les USA avec son intervention en Irak.
Quoiqu'on veut se racheter pour l'inaction de la France en Egypte, la communauté internationale doit servir par l'entremise de l'ONU les intérêts des peuples du monde et non les intérêts, surtout des membres qui ont le droit de véto au sein de l'ONU.
La nécessité d'une reforme du Conseil de sécurité en manque de légitimité s'impose de plus en plus au sein des débats de l'Assemblée générale. Voici deux exemples de propositions de réforme.
RépondreSupprimerLe G4 : Le plan des grand :
Le projet du G4 a été élaboré à la base, par l’Allemagne, le Brésil, le Japon et l’Inde. La proposition implique 6 nouveaux membres permanents sans droit de veto et 4 non permanents provenant d’Afrique, d’Europe de l’Ouest, d’Asie et d’Amérique latine. Le G4 conserve intacte la présence et les prérogatives des pays siégeant actuellement au CS. Les nouveaux membres permanents seraient incarnés par les 4 grandes puissances du projet ainsi que 2 pays africains. Cette proposition est aujourd’hui appuyée par 25 coauteurs, comme la France, l’Afghanistan, la Belgique, Haïti, etc. Ainsi, ce groupe comprend: «des pays riches et pauvres, des petits et des grands, des petits États insulaires en développement et des pays sans littoral ainsi que des membres permanents du Conseil de sécurité.» Les modalités des changements proposés demeurent floues. Il est pourtant possible de douter que la Chine ne voudrait pas du Japon dans son équipe. Le Mexique et l’Argentine, qui s’opposent à l’ajout de membres permanents au Conseil, dénonceraient la nomination du Brésil. Plusieurs pays européens, comme l’Italie par exemple, douteraient probablement de la nomination de l’Allemagne. La candidature de l’Inde préoccuperait le Pakistan avec lequel un conflit persiste depuis plus de 60 ans.
L’Union Africaine veut les mêmes pouvoirs :
Le projet de l’Union Africaine a été réalisé en 2005 avec le Consensus d’Ezulwini, qui est né de nombreuses discussions et de compromis entre les États Africains. Ainsi, 53 États africains sont en faveur de l’élargissement du Conseil de sécurité à 26 membres. Cette réforme implique six sièges permanents avec un droit de veto, dont deux pour l'Afrique, deux pour l'Asie, un pour l'Amérique latine et les Caraïbes et un pour l'Europe occidentale. On ajoute à cela cinq sièges non permanents parmi lesquels, un siège sera accordé à l'Afrique, un à l'Asie, un à l'Amérique latine et les Caraïbes ainsi qu’un à l'Europe orientale. L’Union Africaine veut pouvoir élire les futurs membres représentant l’Afrique. Selon le représentant de l'Algérie Abdallah Baali : «l'Afrique considère que tant que les membres permanents actuels disposeront du droit de veto, il serait injuste, déraisonnable, et inacceptable, que les nouveaux membres permanents en soient dépourvus.» Il semble qu’aussi longtemps que le droit de veto existe, les puissances africaines voudront en bénéficier. Mais s’il devait être aboli, est-ce qu’elles seraient d’accord avec ce changement?
Un moyen plus facile?
Voyant que le processus décisionnel concernant la réforme est bloqué de partout, une différente proposition a été mise sur la table. Des Facilitateurs permettraient de «ménager une phase transitoire (qui) vise à concilier les positions divergentes autant que faire se peut et constitue donc, par définition, un compromis.» Les avis face à cette solution provisoire demeurent mitigés. Les délégués contre cette mesure s’inquiètent que cela reporterait «pendant des décennies la réforme globale du Conseil.» C’est ainsi que le processus de négociations s’éternise et ne présente pas l’ombre d’un résultat.
Les États membres de l'ONU ne s’entendent pas sur le nombre ni sur les prérogatives et avantages des nouveaux adhérents au CS. Il est important de se demander combien de temps les puissances mondiales réussiront à ignorer les puissances montantes comme l’Inde, le Japon ou le Brésil? Il est possible que ces dernières décident de s’organiser à leur tour pour faire contre poids à l’immuable Conseil de sécurité des Nations Unies. La réforme du Conseil est significative pour l’orientation future de l’organisation.
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=10712&Cr=assembl%C3%A9e&Cr1=conseil
http://www.un.org/french/pubs/chronique/2007/111607_conseil_securite.html