samedi 12 février 2011

Le départ de Moubarak et le rôle de l'armée


source : Le Devoir

Départ quasi-innatendu de Moubarak

On ne peut passer sous silence le départ du président Hosni Moubarak en Égypte au courant de la journée d'hier. Après 18 jours de manifestations, rien n'annonçait son départ. En effet, la veille, le président déchu avait simplement transmis ses fonctions à son vice-président Omar Souleimane s'accrochant au pouvoir après 30 ans de régime.

Cependant, au courant de la journée d'hier, le 11 février 2011, un bref discours est télédiffusé en direct. Souleimane dira :

"Compte tenu des conditions difficiles par lesquelles passe le pays, le président Mohammed Hosni Moubarak a décidé d'abandonner le poste de président de la République et a chargé le Conseil suprême des forces armées de gérer les affaires du pays (cité in : Le devoir : 12 février 2011)".

L'armée égyptienne

L'armée est donc en place pour faciliter la transition du pouvoir. Pour plusieurs observateurs, le rôle même de l'armée est inhérent au départ de Moubarak. En effet, si cette dernière s'est déclarée, dès le début des manifestations, neutre, ne pas agir lors de l'affrontement entre les Pro-Moubarak et les Anti-Moubarak démontre tout de même un intérêt au delà de la neutralité.

Selon Alec Castonguay, journaliste au Devoir, l'armée, loin des caméras, joue un rôle plus répressif désirant à tout prix rétablir l'ordre. Précisément, les révoltes en Égypte handicapent l'économie, contrôlée par l'armée à l'ordre de 10 à 15%.

Plus encore : "Les militaires sont partout: immobilier, usines, boulangerie, agriculture, automobile. Le complexe militaro-industriel est soutenu par les États-Unis, qui lui fournissent 1,3 milliard de dollars par année pour ses acquisitions d'équipement. Son budget oscille entre 3,3 et 5 milliards de dollars américains par année (...)(Le Devoir : 12 février 2011)".

L'auteur Bruce Rutherford, lors d'une entrevue au Council on Foreign Relations résume la situation ainsi : l'armée désirait la fin de l'instabilité. Au départ, elle a demandé aux manifestants de cesser toute révolte. Comme cela n'a pas eu le résultat escompté, l'armée donc laissé les Pro-Moubarak faire un carnarge. Cette intimidation ne décourangeant pas les manifestants, l'armée a conclu que Moubarak était la source du chaos.

Le rôle de l'armée, au lendemain du départ de Moubarak, est titanesque. Elle a déjà annoncé que les réformes promises par l'ancien président seront entreprises. L'état d'urgence qui dure depuis 1981 sera aussi levé dès la fin des manifestations. Finalement, l'armée garantie la transition du pouvoir par des élections libres et transparentes.

En conclusion, il serait intéressant de faire une étude plus poussée sur le rôle de l'armée égyptienne en politique. En ce sens, cette institution est très discrète et les médias égyptiens n'ont pas le droit ne parler de ses rouages ou de ses influences (Le Devoir : 12 février 2011).

9 commentaires:

  1. Mes impressions quant à cette annonce sont plutôt mitigées; j'ai plutôt le sentiment que peu de réformes dignes de ce nom seront au programme et, surtout, que Moubarak continuera de tirer les ficelles dans l'ombre. L'armée sera toujours une image de pouvoir répressif et coercitif et je ne peux décemment croire qu'elle a repris le pouvoir pour entreprendre de grands changements politiques... de mon côté, j'ai hâte de voir les efforts qui seront déployés par l'armée, et surtout, si cette nouvelle aura pour effet de calmer le mouvement de la société, ou au contraire, agira comme un nouveau souffle aux manifestations...

    RépondreSupprimer
  2. L'intervention précédente soulève un point intéressant. Peut-on envisager que l'armée égyptienne va permettre qu'on entreprenne des réformes considérables de l'État, alors qu'elle se voyait accorder un grand pouvoir sous le régime de Moubarak, et qu'elle avait supporter ce dernier lors de son arrivée à la tête du pays en 1981.

    Toutefois, il est quand même important de reconnaître le rôle que l'armée égyptienne a joué dans cette "révolution". Il faut, à mon avis, utiliser le mot "révolution" avec précautions dans ce cas, puisque le système politique qui avait permis à Moubarak de prendre le pouvoir est demeuré en place. À ce sujet, je vous suggère d'écouter cette entrevue, diffusée à la radio de la CBC, avec Robert Springbord, directeur du American Research Centre au Caire. Vous la trouverez sous la rubrique Egypt's military. http://www.cbc.ca/thesundayedition/

    Enfin, je crois qu'il est malgré tout essentiel que les Égyptiens savourent ce "moment révolutionnaire", qui semble ouvrir une nouvelle page d'histoire pour leur pays. Les Égyptiens doivent être fiers de ce qu'ils ont accompli. Ils ont su saisir la fenêtre d'opportunité qui s'offrait à eux.

    RépondreSupprimer
  3. Laissons effectivement les Égyptiens savourer leur victoire. Pour ma part je suis inquiète de savoir que c'est l'armée qui prend le contrôle du pays. Bien qu'elle ait annoncé des élections libres,je ne croirai à la démocratie dans ce pays que lorsque les citoyens iront aux urnes et pourront voter librement. En attendant, il sera intéressant de voir comment se partagera le pouvoir et surtout qui le détiendra, le peuple ou l'armée ?

    Dans un autre ordre d'idées, il y a un autre peuple qui est «sorti dehors» ce week-end. En effet, les Algériens réclament à leur tour la liberté et la démocratie. Ce pays que différents analystes qualifiaient de plutôt stable ne l'est peut-être pas autant qu'on aurait pu croire. Est-ce l'effet domino de la Tunisie, le victoire récente de l'Égypte ou un ras-le-bol général ds pays arabes ? En tous cas, j'ai les yeux braqués sur cette partie du continent africain : y aura-t'il une vague de démocratie qui déferlera sur ces pays ? L'Histoire est en train de s'écrire sous nos yeux et ils en sont les acteurs principaux.

    RépondreSupprimer
  4. Petit interlude, puis vous pourrez continuer à discuter de l'Égypte comme vous le voudrez.

    Je trouve intéressant de voir à quel point tout le monde dans ce groupe semble avoir une idée similaire de la démocratie... un régime politique où une partie de la population (les citoyens de 18 ans et plus, par exemple) peut voter, à un scrutin confidentiel, afin de choisir des individus qui débattront ensuite de toutes les décisions en assemblée (d'élus).

    En supposant qu'un autre type de régime apparaisse à la suite de ce mouvement ou qu'un régime défavorable aux idéaux occidentaux prenne forme, je me demande s'il y aurait une levée de boucliers de votre part ou si vous l'accueilleriez malgré ses différences. Je me demande bien, étant donné que personne ne pense même à la possibilité de l'Égypte à fonder un régime plus démocratique que le modèle occidental, tandis qu'ils en ont peut-être la chance (à condition que l'armée ne s'impose pas...)

    Je ne critique personne ici. Cependant, étant donné que je trouve absurde l'idée qu'une "démocratie représentative" soit démocratique et encore plus absurde l'idée qu'un tel régime soit optimal, je trouve toujours intéressant de me trouver devant un consensus aussi grand et un scepticisme aussi faible quant à la nature du régime idéal et la définition populaire de la démocratie.

    RépondreSupprimer
  5. Juste pour souligner que le cas egyptien est une illustration marquante du rôle de la garde prétorienne du pouvoir (l´armée en l´occurence). Je renvoie par là à toutes les théories et philosophie de l´Etat et du pouvoir.

    En s´effaçant, elle a laissé le chef impuissant face à la menace populaire. Quand aux raisons de ce pas de coté, je suis globalement d´accord pour dire qu´il y a probablement des intérêts derrière. Mais, pourquoi ne pas être un peu idéaliste et envisager une vraie transition de régime en Egypte, voir ailleurs?

    Sinon, il est vrai qu´il y a un consensus sur la valeur démocratique comme régime le moins mauvais. Pour cela, il suffit de regarder un peu l´évolution des sociétés dans un régime démocratique par rapport à d´autres. Ceci dit, je pense que nous ne demandons pas mieux d´avoir encore un système encore meilleur, mais est-ce possible?

    RépondreSupprimer
  6. Je suis aussi d’avis que nous devons laisser les Égyptiens célébrer leur victoire mais j’ai aussi des réserves quant à l’avenir du pays. En ce qui concerne la démission du président Hosni Moubarak, j’ai de la difficulté à penser qu’il aurait pu laisser le pouvoir à l’armée aussi rapidement.
    En effet, la veille de sa démission, le président affirmait encore qu’il ne laisserait pas la présidence de l’Égypte avant la venue d’élection en septembre. (http://www.ledevoir.com/international/afrique/316547/revolte-en-egypte-president-frondeur) Je me demande donc s’il serait possible que le président continu de diriger le pays dans l’ombre avec l’aide de l’armée.
    De plus, je croirai à la démocratie dans ce pays quand sera venu les élections libres puisque comme l’affirme Agnès Gruda, l’armée pourrait choisir de garder le pouvoir plus le longtemps que prévu. (La presse, 12 février 2011) De cette façon il n’y aurait pas vraiment de transition politique. De toute évidence, l’armée a donc beaucoup d’importance et de pouvoir dans la révolution égyptienne et déterminera l’avenir du pays.
    Finalement, maintenant que la population de la Tunisie et de l’Égypte ont réussis à faire entendre leurs voix, plusieurs autres peuples du monde arabe prennent exemple de ces deux pays. En effet, l’Iran, l’Algérie, le Bahreïn et le Yémen ne sont que quelques exemples de pays qui ont connus des soulèvements de la part de la population. (le devoir, 15 février 2011) Lequel sera le suivant à prendre l’attention des médias?

    RépondreSupprimer
  7. moi j'ai juste une question que je me pose l'armée a suspendu la constitutiob et le parlement mais que se passera t'il avec tout sa il souhaite avoir une démocratie mais pourtant il ne font que abolir ce qui est en place certe mais que compte t-il faire. les manifestation sont arreter et personne nest en vue pour le pouvoir a ce que je sache . bref , jaimerait juste savoir comment ils compte empecher un autre dicateur de prendre le pouvoir car comme nous le savons il y a beaucoup de dictature qui sont cacher derriere des grands discour démocratique....

    RépondreSupprimer
  8. moi aussi j'ai une question : j'ai lu un article sur cyberpresse qui disait que les États-Unis était à la recherche d'un nouveau modèle politique pour l'Égypte... je comprends que l'Égypte puisse vouloir de l'aide internationale afin de redresser leur pays, mais j'ai un doute que l'aide des États-Unis soient véritablement une bonne choix par manque total d'impartialité.

    À quel point doit-on laisser les égyptiens gérer leurs propres affaires politiques et à quel point doit-on intervenir pour les aider? La Charte des Nations Unies parlent beaucoup du principe de la territorialité et de l'indépendance politique, mais doit-on simplement attendre que l'Égypte demande l'aide internationale ou doit-on s'en mêler immédiatement comme le fait les États-Unis?

    Qu'en pensez-vous?

    http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/201102/16/01-4370894-washington-cherche-dans-le-passe-un-modele-pour-legypte.php

    RépondreSupprimer
  9. Je vous invite à regarder cette émission spéciale très enrichissante d'Une heure sur terre sur les mouvements de contestation dans le monde arabe

    http://www.tou.tv/une-heure-sur-terre/S2010E13

    RépondreSupprimer