Il y a quelques jours, l'ONU a fait le point sur le financement des missions de paix, un enjeu de plus en plus imminent.
Le secrétaire général adjoint des missions de paix, Alain Le Roy, a annoncé que les missions doivent être vues comme des «partenariats». Ainsi, il est venu souligner l'importance du rôle des États parti dans le financement et le bon déroulement des missions de paix. Le Roy est allé plus loin en ajoutant que des agences gouvernementales et les organismes de financement devaient assurer une part de cette responsabilité.
Depuis 2009, le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), organe onusien, a entrepris des mesures en vue de réformer et améliorer le déploiement des agents en cas d'urgence. La création du Global Field Support Strategy n'est qu'un des exemples.
De toute évidence, le cri de coeur de Le Roy vise à obtenir une plus grande collaboration économique des États (qui sont d'ailleurs tenu de verser une quote-part annuelle à l'ONU en vertu de l'article 17 de la Charte des Nations Unies). Est-ce qu'on devrait gentiment obliger les États de collaborer davantage ou devrions-nous trouver des solutions plus efficaces pour financer les missions de paix? Est-ce que la privatisation des missions de paix serait une solution plausible?
Quand on y pense bien, en 2010, le budget de la police de New York (NYPD) a été de 4,3 milliards de dollars et pour la même année le budget des missions de paix a été de 7,8 milliards de dollars : seulement 3,5 milliards de dollars de plus... pour couvrir tout le monde.
Sources :
Article sur les déclarations de Le Roy :
http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=37549&&Cr=peacekeep&&Cr1=
Budget des missions de paix de l'ONU :
http://www.un.org/en/peacekeeping/operations/financing.shtml
Budget de la NYPD :
http://council.nyc.gov/html/budget/PDFs/fy_10_exec_budget_police.pdf
Je ne crois pas que "nous" devrions privatiser les missions de paix. Si cela était fait, nous ouvririons grand la porte à toutes formes de groupes armés qui seraient gérés selon le bon vouloir de leurs "employeurs". Déjà il est difficile d'obtenir une bonne conduite de tous les soldats de la paix, qu'en serait-il de groupes alternatifs où il y aurait risque d'avoir des mercenaires ? Je pense qu'il faut plutôt se pencher sur d'autres modes de financement et revoir la quote-part des pays. Si un pays "fournit" des ressources humaines, doit-il aussi donner le même pourcentage en argent qu'un pays qui ne "prêterait" pas de soldats ? C'est sur que l'ONU est en crise et qu'elle doit revoir son financement. Mais je suis loin de croire que la privatisation règlerait le problème. Premièrement, où trouver le financement privé ? Quand des gens investissent dans un projet, c'est pour y trouver un gain. Quel serait-ici? Comment vendre la paix ? Comment intéresser des investisseurs ? Mon idée est qu'il faudra que l'ONU soit plus créative et les pays plus généreux...il faudra aussi penser à assurer la pérennité.
RépondreSupprimerVous soulevez un bon point en évoquant le caractère mercenaire que peuvent avoir certains soldats de sociétés privées et la complexité organisationnelle.
RépondreSupprimerToutefois, comme j'ai pu le lire dans l'article de Damiam Lilly, les entreprises privées oeuvrent déjà au sein des missions de paix onusiennes. Leurs rôles se limitent tout de même aux « services d'appui et de logistique [aux] fonctions de sécurité et de surveillance et [à] l'appui militaire. » Je vous recommande cet article qui fait le point sur l'état de la situation et qui pèse les aspects positifs et négatifs d'une telle implication. Nous apprenons aussi pourquoi l'ONU est hésitante face à cette idée.
L'article :
La privatisation du maintien de la paix : perspectives et réalités. Damian LILLY
www.unidir.org/pdf/articles/pdf-art136.pdf