samedi 19 février 2011

Une violence incontrôlable au nord du Mexique

Dans la Presse du samedi, il y a un reportage alarmant sur Ciudad Juarez où la guerre qui sévit entre les cartels de la drogue fait des milliers de morts depuis quelques années. On parle de 35000 morts depuis 4 ans au Mexique. À Ciudad Juarez, une personne est tuée toutes les trois heures. La violence qui sévit à la frontière des États-Unis est incontrôlable et n'affecte plus uniquement les membres de ces cartels de la drogue, mais elle affecte désormais aussi des civils. La situation échappe complètement au gouvernement mexicain. Malgré l'envoi de milliers de policiers et de militaires, Ciudad Juarez demeure la ville la plus violente du monde. Si les États-Unis continuent de se refuser à porter secours à leur voisin du sud, quand est-ce que la communauté internationale compte réagir?

Bien qu'il s'agisse d'un conflit interne et difficilement saisissable par les autorités, la violence qui sévit au nord du Mexique constitue une rupture de la paix dans la région. Les autorités mexicaines ne parviennent pas à contrôler la situation et à protéger leurs citoyens. Si cette violence n'est pas contenue, la montée en puissance et l'expansion de ces gangs et cartels de la drogue pourraient présenter une véritable menace contre la paix pour toute L'Amérique Centrale. L'envoi de casques bleus à Ciudad Juarez devient aujourd'hui plus que nécessaire.

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201102/18/01-4371856-etre-journaliste-a-ciudad-juarez.php

7 commentaires:

  1. Effectivement, Cuidad Juarez est connue comme la ville la plus violente au monde. Le nombre de morts qu'on y retrouve rejoint les morts dans pays en guerre ! Bien que cette ville soit située à la frontière du Nouveau-Mexique, je ne suis pas certaine que les États-Unis devraient aller prêter main forte aux autorités mexicaines. Celles-ci y ont dépêché 10000 policiers et militaires et malgré cette force armée, la violence continue de plus belle et même, elle augmente. Je me suis posée la même question que Justine, y aurait-il lieu pour le Mexique de demander l'intervention onusienne ? On a beau dire que ce sont des guerres entre cartels, de plus en plus de victimes sont des civils...et le pays n'assure plus leur sécurité. On est en plein dans le paradigme du concept de la sécurité pour tous versus la responsabilité de protéger. Il faudra voir comment le gouvernement mexicain va gérer cette ville où il a perdu le contrôle.

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  2. Il me semble qu'une demande à l'ONU avait été faite il y a quelques années pour l'envoi de casques bleus dans la région, mais malheureusement cette demande avait été refusé... Faudrait voir sur quelles bases, mais comme l'a mentionné Chantal, selon moi l'ONU a une responsabilité de protéger ces civils qui sont pris malgré eux dans une guerre qui ne les concerne même pas.

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  3. Situation relevant uniquement des affaires internes d´un Etat, il ne faut pas chercher plus loin pourquoi l´ONU où le grand voisin américain n´intervient pas.

    Autre élément qui vient appuyer cette idée: il s´agit de cartels de la drogue qui n´ont pas prétention à s´étendre ailleurs que dans cette région pour l´instant. Ces cartels n´ont pas de prétentions politiques de prime abord (pas de revendications d´indépendance, de message politique quelconque, ...). A partir de là, il ne constitue pas directement une menace à la sécurité internationale ou même simplement à l´État mexicain. Bien sûr que dans les faits, avec l´impuissance des forces de sécurité, ils mettent à mal le monopole de la violence par l´État, mais c´est dans une vocation de protection de leur business plus que pour contrecarrer l´État en tant que tel.

    On peut comparer cette situation aux villes brésiliennes ou encore en Colombie. Je pense que si ces cartels viennent à avoir des ambitions internationales affectant directement les populations d´autres États (les USA étant visé dans ce cas de figure), là on pourrait s´attendre à des réactions de la part de la communauté internationale.

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  4. À Jordan:

    Est-ce que la menace contre l'intégrité territoriale d'un État doit nécessairement provenir d'un groupe organisé ayant des revendications politiques? Dans le cas de Ciudad Juarez, l'article présenté par Justine semble indiquer clairement que l'État mexicain n'est plus en mesure d'exercer sa souveraineté sur le territoire de la ville.

    Pour ma part, je trouve étonnant que les États-Unis ne réagissent pas à cette situation, considérant le contrôle accru qu'ils tentent d'exercer à la frontière américano-mexicaine. Or, comme le souligne Jordan, la réaction américaine ne tardera pas à s'exécuter, si la violence de Ciudad Juarez venait à toucher la population des États-Unis. En espérant qu'un tel événement ne soit pas nécessaire pour faire réagir les membres du Conseil de Sécurité face aux atrocités qui perdurent depuis plusieurs années dans la ville la plus violente du monde.

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  5. @ Vincent:

    Je te dirais oui. Car oui l´État n´est pas en mesure d´exercer sa pleine souveraineté, mais d´un autre côté, elle n´est pas niée. Les cartels se défendent contre les forces étatiques, mais ne revendiquent pas l´indépendance de la parcelle qu´ils occupent, vois son "autonomisation" et ne sont pas un concurrent pour Mexico car ils ne jouent pas sur le même plan.

    La criminalité en temps que telle n´est pas dangereuse pour l´État en lui-même, mais pour sa légitimité.

    Cependant, je ne dis pas qu´il est nécessaire d´avoir un groupe organisé pour constituer une menace pour l´État. Pour ma part, il suffit d´une "communauté" ayant un message politique et des moyens qui vont à l´encontre de l´État pour constituer une menace. Le plus bel exemple reste Al-Qaïda.

    Autant Al-Qaïda porte un message contre les institutions, autant les cartels n´ont pas d´idéologie, ni même de but contre les institutions, seuls compte pour ces derniers de pouvoir faire leurs affaires tranquilles.

    La nuance est floue, je l´accorde, car les conséquences qui découlent de l´action des cartels peuvent constituer en soi une menace pour la sécurité et pour la paix à un niveau plus élevé, mais la base est fondamentalement différente et l´orientation aussi. C´est pourquoi je maintiens que le cas de Ciudad Juarez reste une affaire purement interne sans que la communauté internationale ne doive se soucier (pour l´instant) de ce problème.

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  7. C'est tout le problème du nombre grandissant de conflits intra-étatiques vs. inter-étatique et du fait que l'ONU n'est pas bien équipée pour gérer ce genre de crises. L'autre point c'est que l'ONU va intervenir contre des crimes de guerres, des génocides, du nettoyage ethnique ou des crimes contre l'humanité. Mais comment choisir quels problèmes intra-étatiques justifient une intervention et lesquels non? Peut-être que les conflits entre les cartels sont un problème de criminalité qui n'a pas un aspect politique assez fort pour intéresser l'ONU... mais que fait-on du taux très élevé de meurtres des femmes? Ne pourrait-on pas soulever ce point pour amener l'ONU à intervenir au nom de crimes contre l'humanité, crimes contre les femmes?
    Quand est-ce que le problème intra-étatique soulève un sentiment de responsabilisation au niveau international? C'est triste à dire, mais l'ONU n'a pas véritablement d'intérêts à investir des ressources dans le cas du Mexique, pour l'instant. Peut-être que la guerre aux cartels ou la protection des femmes vont redevenir des sujets "en vogue" qui vont soulever la population internationale, mais ces temps-ci on se concentre davantage sur le terrorisme, la guerre contre les religions etc...Bien que l'ONU parte d'un bon sentiment, les pays dans lesquels on débarquent ne sont pas choisis par hasard. Il faut qu'une des forces internationales aient un intérêt particulier dans le pays ou justement que le conflit émanant du pays fassent partis de "l'air du temps". On bombarde les médias des problèmes au Moyen-Orient parce qu'on a un certain "avantage" à intervenir. Le public s'insurge et cela justifie notre intervention. Or, les États-Unis, à moins que les conflits au Mexique ne débordent sur leur territoire, ont-ils vraiment un intérêt particulier à intervenir chez leur voisins du Sud? Entre l'Égypte, le Moyen-Orient et le Mexique, n'est-il pas logique, au point de vue de leurs propres intérêts, que le Mexique soit celui qui soit discarté?? Ce n'est pas juste, mais reste qu'avec l'influence énorme des États-Unis sur l'ONU, s'ils ne veulent pas vraiment agir et n'amènent pas le cas du Mexique aux Nations Unies, qui va le faire et pourquoi agirait-on?

    J'ai lu un article très intéressant sur l'internationalisation des conflits intra-étatique de Maria M. Gabrielsen qui s'appelle "La sécurité humaine et l'internationalisation des conflits intra-étatiques : le cas du conflit au Sud-Soudan". Bien qu'elle prenne le cas du conflit au Sud-Soudan comme exemple, le raisonnement reste applicable à d'autres conflits.

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