vendredi 25 mars 2011

Quel avenir pour le Sud-Soudan libre?

Monsieur Pierre Jolicoeur en a parlé durant la conférence du 21 mars portant sur la reconnaissance étatique. Monsieur Léo-Pau l Lauzon en discute dans son paper, publié dans le journal Métro du 24 mars 2011 : Le Sud-Soudan libre, quel avenir?
Il est bon d'abord de revenir très brièvement sur le contexte historique du Soudan. À l'origine une colonie anglo-égyptienne, les Égyptiens ont converti massivement les populations au sud de sa frontière au Coran. Le Royaume Uni, voyant cela arriver, s'est empresser de convertir au catholisme les peuples au Sud du Soudan. Il en résultera un État divisé, au Nord, des arabes Musulmans et au Sud, des noirs catholiques. Des conflits éclatent fréquemment entre les deux ethnies depuis ce temps. Il est à noter que le Sud-Soudan possède les meilleures terres arables ainsi que les plus grands puits de pétrole du pays. Les Nord-Soudanais ont pourtant par le passé constamment exploité les ressources des Sud-Soudanais.
La reconnaissance d'un État est avouée par la communauté internationale lorsqu'il y a une volonté de cessession ainsi qu'une admission de la part de l'État-patrie de laisser-aller sa province. Ce qui est le cas avec la région qui nous occupe aujourd'hui. Le gouvernement central du Soudan a annoncé qu'il abandonnait toute tentative de reprendre le Sud de son territoire.
Les Sud-Soudanais ont voté oui au référendum par une majorité écrasante de 99%. Ce chiffre semble bien improbable, compte tenu que la population sud-soudanaise est quasi-totalement analphabète et illettrée. Il aura fallu beaucoup de manipulation et de magouille pour permettre une presque-unanimité. Malgré cela, il était tout de même prévisible qu'une grande majorité allait voter pour la cessession: le peuple sud-soudanais en a assez d'être volé, décimé, attaqué... Indépendant, il deviendra le pays le plus pauvre du monde. Mais les gens rêvent qu'enfin ils pourront construire des écoles, et bénéficier d'un système de santé. Ils ont les ressources naturelles pour y arriver... Certes, il y a les points que soulève M. Lauzon dans son article, tous vrai, il faut le dire: l'histoire se répétera. Les Occidentaux prendront le contrôle des ressources naturelles, un gouvernement corrompu s'autoproclamera, les écoles prendront plusieurs années pour apparaitre... mais il faut faire attention au discours marxiste. Car, dans des cas similaires, il faut se ranger à la situation la moins pire. Or, indépendant, le Sud-Soudan touchera au moins quelques redevances sur ses puits de pétrole et ses terres, et, surtout, le peuple n'aura plus à craindre les attaques des Soudanais arabes. Il est impossible, en tout cas pour ce cas-ci, de changer la dynamique des Occidentaux pour les empêcher de tout s'approprier dans le pays. Mieux vaut voir le positif de la situation.
Sources:
http://www.journalmetro.com/paroles/article/811668--le-leurre-du-sud-soudan-libre--page1
Conférence La reconnaissance étatique selon les perspectives du Kosovo et du Sud-Soudan
Merci aussi à Monsieur Mathieu Arès

2 commentaires:

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  2. Certes la séparation du Sud Soudan, officielle depuis le 2 février, résulte d’un référendum un peu louche aux pourtours non complètement définis, d’un taux excessivement élevé de vote en faveur de la sécession (99 %) et d’une participation pour le moins questionnable, pourtant malgré tout, je crois qu’ici les sud-soudanais ont voté avant toute chose avec le cœur.

    Cela fait plus de 30 ans que le pays est déchiré entre le Nord et le Sud, entre les troupes de janjawid commandé par le dictateur El-Béchir et les forces rebelles du Sud et de l’Ouest. Les Sud Soudanais veulent tout simplement la paix. Ils souhaitent jouir du territoire qui leur appartient et ils souhaitent enfin retrouver leur village, leur famille, leur communauté. Bref, ils souhaitent le retour à une vie normale. Alors cette indépendance, les Sud Soudanais, j’en suis certaine, la souhaitent réellement.

    Des milliers de personnes ont été forcées de fuir durant ce conflit, notamment lors des vagues de violence de 2002. Ces personnes vivent désormais dans les camps de réfugiés et sont privés de la jouissance de leurs droits. Un jeune étudiant, dans un des plus importants camps de réfugiés, déclarait que « the day we became refugees was the hardest day of our lives ». En 2010, on estimait que ce conflit avait causé plus de 200 000 victimes civiles et 2 millions de personnes déplacées et réfugiées au Tchad et en République centrafricaine.

    En ce qui concerne la mise en place de celle-ci, le dictateur El-Béchir, bien qu’il ait déclaré devant la communauté internationale qu’il respecterait la décision des Sud Soudanais, ne semble pas si enclin à délaisser une partie de son pouvoir. En effet, une augmentation de la violence s’est récemment vue dans le Sud Soudan. La semaine dernière 70 personnes sont mortes dans un affrontement entre l’armée du Sud Soudan et les janjawid du président. Les nouveaux représentants du Sud Soudan, récemment nommés, ont notamment accusé le président El-Béchir de tenter de déstabiliser le nouvel État. Réussir à se séparer complètement du Soudan sans morts et sans écueils, voilà où réside le vrai défi du Sud Soudan.

    Référence : les derniers articles publiés dans The Economist et le documentaire « The Darfur Dairies »

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